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Parole dueAime Cesaire

Combien de fleuves de montagnes de mers

de désastres penser combien de siècles

les forêts

parole due :

l’enlisement s’enroule seul le dur est arable

danse mémoire danse éligible l’invivable en son site

avance devance

laisse à l’horizon s’assoupir la caravane des mornes

le lion au nord qu’il éructe ses entrailles

au carrefour parmi la lave qui trop vite refroidit

tu rencontreras l’enfant

c’est du vent qu’il s’agit

de l’élan du poumon accompagne-le longtemps

avance

en chemin sans écarter les chiens le vent par toi vivant par toi-même les acharne

de tout ce que de montagne il s’est bâti en toi construis chaque pas déconcertant la pierraille sommeilleuse

ne dépare pas le pur visage de l’avenir bâtisseur d’un insolite demain

que ton fil ne se noue

que ta voix ne s’éraille

que ne se confinent tes voies

avance

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Publié dansAime CesairePoètes

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