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La belle Esclave maureFrancois Tristan Lhermite

Beau monstre de Nature, il est vrai, ton visage

Est noir au dernier point, mais beau parfaitement :

Et l’Ebène poli qui te sert d’ornement

Sur le plus blanc ivoire emporte l’avantage.
Ô merveille divine, inconnue à notre âge !

Qu’un objet ténébreux luise si clairement ;

Et qu’un charbon éteint, brûle plus vivement

Que ceux qui de la flamme entretiennent l’usage !
Entre ces noires mains je mets ma liberté ;

Moi qui fus invincible à toute autre Beauté,

Une Maure m’embrasse, une Esclave me dompte.
Mais cache-toi, Soleil, toi qui viens de ces lieux

D’où cet Astre est venu, qui porte pour ta honte

La nuit sur son visage, et le jour dans ses yeux.

Publié dansFrancois Tristan LhermitePoètes

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